étalonnage

Patria obscura est en étalonnage. L’étalonnage d’un film consiste à ajuster la colorimétrie plan par plan, c’est-à-dire à doser les quantités de rouge, de vert et de bleu de l’image pour obtenir un rendu équilibré ou un effet marqué. Densité, contraste, saturation, définition, effets spéciaux, Éric garde l’oeil sur tous les paramètres avec l’ambition de mettre sa technique au service du récit. Éric Salleron est étalonneur chez AVIDIA. A la sortie de ses machines, les images du film auront revêtu leurs habits définitifs.

 

reste une réponse

Pas facile de finir un film.

Le tournage est bouclé, le montage images définitif, mais Patria obscura n’est pas encore prêt à être projeté.

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la loi du jardin

Hommage à Chris Marker. Photographe, cinéaste, poète (29 juillet 1921-29 juillet 2012)

- On est un peu loin du jardin maintenant.

- L’important ce n’est pas tellement qu’il soit loin, c’est qu’il existe. Et qu’il existe à travers notre part la plus irréfutable, la plus animale. Ce n’est pas un refuge, c’est là, c’est en nous, c’est aussi vrai que la cruauté, ou la volonté de vivre. Il y a bien une loi du jardin, qui s’exprime par des gestes très simples, par les gestes les plus simples. Ce n’est pas l’âge d’Or, ce n’est pas le Paradis Perdu, ça doit être le jardin où les paysans de Dalécarlie ont représenté le Cantique des Cantiques. Oui c’est vrai, quand on regarde autour de soi c’est l’horreur, c’est la folie, c’est les monstres… Mais il y a déjà un maquis, une clandestinité du bonheur, une Sierra Maestra de la tendresse. Il y a quelque chose qui avance, à travers nous, malgré nous, grâce à nous quand nous avons la grâce. Et qui annonce, pour on ne sait pas quand, la survivance des plus aimés.

Chris Marker, Si j’avais quatre dromadaires (1966)

 

matricule 53.628

« Un petit Français regarde bien en face ». Je me souviens, dès le premier regard sur cette affiche de propagande de 1942, extraite d’un ouvrage sur la vie quotidienne sous l’occupation, avoir lu une invitation à me pencher sans fausse pudeur sur mon identité française…

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montage

« De la confrontation de deux images naît une signification, une idée qui ne fait partie intégrante ni de l’une ni de l’autre de ces deux images considérées séparément. »

Albert Jurgenson, Sophie Brunet, Pratique du montage, Femis 1990.

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L’Art français de la guerre

« Nous étions naïfs et forts, nous prenions un pays entier pour une compagnie de garçons battant la campagne. Nous avions été l’honneur de la France en ces temps où l’honneur se mesurait à la capacité de meurtre, et je ne comprends pas exactement où tout a disparu. »

Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, Gallimard 2011
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Bonne Mère, filles faciles

Marseille, passage obligé de toutes les traversées maritimes de la métropole vers les colonies. Mon grand-père Pierre y a embarqué pour la première fois en 1921, en direction du Levant. Mon grand-père Paul y a débarqué pour la dernière fois en 1962, en provenance d’Alger.

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Les Films du Jeudi

Nouvel attentat photographique, cette fois sur la page d’accueil des Films du Jeudi.

En cliquant sur l’un des deux petits diptyques photographiques accroché sur les toits parisiens de la page d’accueil, on accède à la fiche technique du film Patria obscura produit par Laurence Braunberger.

Aux Films du Jeudi, Laurence Braunberger fait vivre le catalogue des films produits ou acquis par son père, Pierre Braunberger, depuis 1925. C’est l’un des derniers grands catalogues de films indépendants (111 longs-métrages, 165 documentaires,130 courts-métrages). Elle en a repris la gestion et, selon ses coups de cœur, l’activité de production.

 

11 novembre

11 novembre à Gentioux, dans la Creuse. Les rangs des anciens combattants de 14-18, qu’enfant je regardais se recueillir avec leurs médailles et leurs béquilles, n’ont cessé de s’éclaircir jusqu’à disparaître tout à fait. Lire la suite »

tournage

Tournage en HD dans l’antre du photographe. Les focales sont fixes, les profondeurs de champs minimales, le point toujours fragile…

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petite patrie

C’est l’été, le village d’Arboucave se situe là, au beau milieu des grandes vacances. Lire la suite »

diplopie

DIPLOPIE n.f. – 1792 ; Méd. Trouble de la vue, consistant dans la perception de deux images pour un seul objet.


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latence

Plusieurs jours, souvent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois séparent la capture d’une image argentique de sa découverte. Lire la suite »

dans l’ombre négative

C’est une ruine. Un espace entre deux murs. Un recoin chargé de déchets, de débris, tapissé de végétaux coriaces.


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photos à l’eau de pluie

Il pleut sans discontinuer depuis le 14 juillet. J’ai installé une cuve de récupération des eaux pluviales. Le temps est idéal pour m’enfermer dans mon laboratoire. Je revisite mes négatifs. Voilà mes deux premiers tirages argentiques lavés à l’eau de pluie. Lire la suite »

attentats photographiques

Ce 14 juillet à Paris, des accrochages sauvages de photographies ont fleuri sur les sites emblématiques de la capitale… Lire la suite »

acte 1

Ouverture du site patriaobscura.fr et premier acte public du projet Patria obscura.

Des dizaines de photos encadrées en diptyques sont abandonnées ici et là sur des places de Paris. Dans chaque cadre, en vis à vis, la photo d’une tombe d’un soldat de la 1ère guerre mondiale mort pour la France, et le portrait d’un citoyen français brandissant sa carte d’électeur dans la file d’un bureau de vote. Pas besoin de permis de séjour en 1914 pour venir se faire trouer la peau, pas d’examen de langue française pour monter en première ligne.

Français issus de la Révolution, que commémorons-nous le 14 juillet ? Notre fête nationale n’est-elle plus rien qu’un défilé militaire suivi d’un feu d’artifice ?

Inoculé par un pouvoir qui parie sur la division et la stigmatisation, Je vois le venin de l’identité nationale, loin d’avoir disparu avec le ministère du même nom, s’immiscer dans les tissus d’un corps social déjà tétanisé par la peur de l’autre. Je rejette les termes d’un débat biaisé et je refuse d’abandonner aux puissants l’usage des mots, des images et des symboles.